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vendredi 23 avril 2021

Notre PLUS GRAND projet d'eau au Yémen !

Muslim Hands France
Notre PLUS GRAND projet d'eau au Yémen !

Dans un pays qui était déjà pauvre en eau, le conflit qui dure depuis six ans au Yémen a gravement affecté les infrastructures hydrauliques, laissant 18 millions de personnes, dont 9,2 millions d'enfants, sans accès à « l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène » [ONU]. Grâce à votre soutien, notre équipe a réhabilité des puits qui étaient devenus inutilisables dans des zones rurales du Yémen en les transformant en puits à panneaux solaires fonctionnels qui fournissent aujourd’hui de l'eau potable à des familles vulnérables 24 heures sur 24.

Cette année, Muslim Hands lance son plus grand projet d'eau jamais réalisé dans le pays, qui fournira de l’eau potable à 1,7 million de personnes directement chez eux dans les gouvernorats d'Aden et de Lahj. Nous avons pour objectif de terminer ce projet d'ici juillet 2021.

Ainsi, dans cet article, nous vous expliquerons la situation actuelle à Aden, comment fonctionne son infrastructure d'eau existante, comment le conflit a impacté l'approvisionnement en eau de la région, en quoi consistera notre intervention et enfin, pourquoi votre soutien change des millions de vies !

Quelle est la situation actuelle à Aden ?

La ville d'Aden est un port maritime majeur situé dans le gouvernorat d'Aden dans le sud du Yémen. Elle fait face à la Somalie qui se trouve à l'autre bout de la mer d'Arabie et est bordée par le gouvernorat de Lahj au Yémen. (Il est important de garder cela à l’esprit, car certaines des infrastructures hydrauliques d’Aden sont géographiquement situées à Lahj, mais contrôlées administrativement par Aden. Nous y reviendrons plus tard).

Avant le conflit, le gouvernorat d'Aden abritait environ 900 000 personnes, mais un afflux de Yéménites et de réfugiés (principalement des Somaliens) a porté la population à 1,7 million d'habitants. Aden elle-même est la deuxième ville la plus peuplée du Yémen, avec environ 1,14 million d'habitants.

Historiquement, Aden a toujours joué un rôle important dans les réseaux commerciaux mondiaux. Elle possède l’un des plus grands ports naturels du monde et est stratégiquement située à seulement six kilomètres des principales routes de navigation Est-Ouest. Les anciens marchands romains et grecs reliaient le bassin méditerranéen à l'océan Indien via Aden, achetant et vendant une variété de produits tels que des épices, des pierres précieuses, des soies, des métaux et même des fleurs exotiques. Elle a été décrite comme « la clé de la mer Rouge et le trésor de l’Inde ».

Dans les temps modernes, l’importance stratégique d’Aden s’est accrue après l’ouverture du Canal de Suez en 1869, qui en a fait l’une des stations de ravitaillement les plus fréquentées au monde et un point de transit mondial. Même après que Sanaa est devenue la nouvelle capitale du Yémen en 1990, le gouvernement est resté déterminé à maximiser le potentiel commercial d’Aden. L'infrastructure de la ville a été modernisée tout au long des années 1990 : le terminal à conteneurs d'Aden a ouvert en 1999, et des rénovations majeures de l'aéroport international d'Aden ont été achevées en 2001. Bien que des facteurs comme la guerre civile de 1994 aient limité sa croissance, Aden avait des installations modernes, une main-d’œuvre instruite et qualifiée et elle attirait de nombreux investisseurs internationaux.

Cependant, tout a changé avec le début du conflit en 2015.

En effet, l’économie d’Aden dépend fortement de ses installations portuaires, le commerce et la navigation ont donc été gravement touchés par le conflit en cours. Aujourd'hui, le Yémen, et par extension Aden, traverse la pire crise humanitaire du monde. Aden ne se soucie plus pour l’instant d'attirer des investisseurs ou de maximiser son commerce, elle se bat juste littéralement pour survivre.

Dans tous les secteurs, les services et installations publics se sont détériorés, notamment le réseau électrique, les services de santé ainsi que les services d'eau et d'assainissement. Comme le reste du Yémen, Aden souffre de la famine et de la crise économique. Il n’y a même pas assez de maisons à Aden pour accueillir tous ses habitants, et l’afflux de personnes déplacées a conduit à une augmentation des établissements informels. En bref, Aden n’est plus reconnaissable comme « un pôle économique », mais plutôt comme un cauchemar humanitaire.

Comment fonctionne le système d’eau à Aden ?

Environ 86 % de la population d'Aden est raccordée au système public d'approvisionnement en eau. Le diagramme suivant montre comment ce système fonctionne :

À Aden, les stations de pompage, également appelées installations de pompage, consistent en un ensemble de puits reliés à un réservoir par l'électricité. Il existe trois principales stations de pompage à Aden : Al-Manasra, Bir Nasser et Bir Ahmed. Elles sont principalement alimentées par le réservoir de Bir Ahmed.

Il est intéressant de noter que, géographiquement, Bir Nasser est situé dans le gouvernorat de Lahj, mais qu’il est sous l'administration du gouvernorat d'Aden. Ainsi, toute modification de ses puits aura également un impact sur l'approvisionnement en eau à Lahj.

Outre l’impact du conflit, le principal problème de l’infrastructure d’Aden est qu’elle est extrêmement usée. Le système date de plus de 50 ans : il remonte à l'époque coloniale britannique. Sur le plan pratique, cela signifie que :

Le réseau électrique ne pourrait pas gérer une augmentation de la production d’eau.

Les puits nécessitent des nettoyages et un entretien régulier, mais les équipes n’ont pas le matériel nécessaire pour mener à bien cette tâche.

Les puits sont obstrués par des sédiments accumulés qui abîment les pompes et réduisent la production d'eau.

Il n'y a aucun appareil installé pour mesurer le débit des puits et tout est fait manuellement.

La gestion de la station de pompage est « désastreuse », pour citer notre équipe sur le terrain, car les personnes y travaillant souffrent constamment de défaillances du système et même d’explosions.

L'expansion démographique au cours des 50 dernières années signifie que le réseau d'eau est connecté à de nombreuses zones de manière aléatoire et sans compteurs, ce qui rend évidemment l'approvisionnement en eau difficile à calculer et à gérer.

Le système était obsolète et difficile à gérer avant même le début du conflit en 2015, mais la situation s'est aggravée au cours des six dernières années et à ce stade, les ménages d'Aden ne reçoivent l'eau courante que quelques heures tous les trois jours. Cette situation alarmante a conduit de nombreuses familles à boire de l'eau non potable qu’elles doivent acheter à des prix exorbitants.

Quel a été l'impact du conflit sur l'approvisionnement en eau à Aden ?

En 2017, il a été signalé que le réseau d'eau d'Aden avait subi des dommages structurels d'une valeur de 59 millions de dollars.

Aujourd'hui, il ne fonctionne que 2 à 4 heures tous les trois jours, en partie à cause de ces dommages structurels mais aussi à cause de la flambée des prix du carburant qui rend impossible tout fonctionnement du système à plein temps. Les coupures de courant sont très courantes et de nombreux puits ne fonctionnent tout simplement pas. Cela a conduit les familles à réduire leur consommation d'eau

Il est important de noter que ces dommages collatéraux ont entraîné d'énormes risques pour la santé et l'environnement.

D'une part, les perturbations du système de gestion de l’eau ont entraîné le débordement des eaux usées dans les rues et le rejet d'eau non traitée dans la mer, ce qui a provoqué une pandémie de choléra et de diphtérie à travers le Yémen : Aden a enregistré le deuxième nombre de cas le plus élevé de choléra et de diarrhée aqueuse aiguë lors du début de la pandémie. Par ailleurs, en 2019, un rapport a révélé que les personnes déplacées à Aden étaient particulièrement touchées par le choléra.

Sans accès à l'eau courante, les gens ont été contraints de recourir au secteur privé, qui est non seulement une alternative dangereuse, mais également très chère. Dans le secteur privé, l'eau est collectée de puits privés via des camions-citernes qui fixent leurs propres prix : en 2018, ils vendaient l'eau 16 fois plus cher qu'ils ne l’avaient payé ! Si l'eau avait besoin d’être dessalée, le camion-citerne facturait ce service en plus.

De plus, de nombreux réservoirs d'eau privés ne sont pas fermés ni même couverts, ce qui aggrave les épidémies de maladies d’origine hydrique. Ainsi, ces familles traversant de plein fouet la crise économique et la famine doivent aussi payer très cher une eau même pas potable !

Cette crise est aggravée par le manque de services de santé à Aden, ce qui signifie que si une personne tombe malade du choléra (une maladie guérissable), elle peut en mourir simplement parce qu’elle n’a pas accès à des soins médicaux. De nombreux établissements de santé à Aden, notamment des hôpitaux, pharmacies, cliniques privées spécialisées et centres de santé, sont complètement fermés. Les rares rescapés ne fonctionnent que partiellement. Pour la population, marcher jusqu'à l'établissement de santé le plus proche peut prendre jusqu'à une heure, car les prix élevés du carburant et les routes endommagées font que les gens ne peuvent plus s’y rendre en voiture ou en bus.

Quelle est la nature de notre intervention ?

La principale raison de la crise de l'eau à Aden est le manque d'approvisionnement public en eau.

Cela englobe 60 à 70 % de la population d'Aden et 30 à 40 % de la population de Lahj, y compris les déplacés internes et les réfugiés.

Ainsi, voici comment nous prévoyons de réhabiliter le réseau d’eau à Aden in chaa Allah :

Nous installerons 8 nouvelles pompes submersibles dans les stations de pompage. Cela réduira les coûts de maintenance des anciennes pompes délabrées et augmentera le rendement.

Nous construirons 3 nouveaux puits dans la station de Bir Nasser, y compris la construction de 3 salles de pompage autour d'eux pour protéger les équipements.

Nous installerons de nouvelles canalisations qui relieront le réservoir aux stations de pompage afin d’améliorer l’approvisionnement en eau courante dans les habitations.

Nous installerons 4 000 mètres de réseau électrique pour relier les trois nouveaux puits à la ligne électrique principale. Chaque puits a une productivité attendue de 180 mètres cubes par heure ; mais comme mentionné précédemment, le réseau électrique défectueux et délabré n'a pas la capacité de faire face à l'augmentation de la production d'eau. Nous voulons donc réduire les pannes de courant afin de ne pas interrompre la production d’eau, le moyen le plus efficace étant d’installer un nouveau réseau électrique pour réduire les coûts de maintenance de l’ancien réseau.

Notre objectif est d'augmenter la production d'eau à Aden de 5 000 mètres cubes par jour, soit une augmentation de 10 % par rapport à la production d'eau actuelle.

Pour résumer, ce projet répond à un énorme besoin à Aden et augmentera immédiatement la production quotidienne de l’eau dans la ville, améliorant ainsi l'approvisionnement en eau de 1,7 million de personnes. Ce projet sera une véritable bénédiction pour la population pendant les mois chauds de l'été.

Bien que nous travaillions en coordination avec les autorités locales (y compris la Société locale pour l'eau et l'assainissement, le Ministère de la Planification et de la Coopération internationale et le Ministère de l'Eau et de l'Environnement), Muslim Hands fournira tout l'équipement et effectuera toutes les constructions, rénovations et installations du début jusqu’à la fin. Le coût total du projet devrait s’élever à environ 500 000 € et, grâce à votre soutien, le projet sera achevé d'ici juillet 2021 in chaa Allah.

Comment ce projet fera-t-il une différence ?

En réhabilitant le réseau d'eau d'Aden, nous souhaitons :

Augmenter la production d'eau et donc réduire les pénuries d'eau

Mettre à la disposition des habitants d'Aden l’eau courante potable, et ce tous les jours, réduisant ainsi les maladies d'origine hydrique causées par le transport de l'eau dans des réservoirs insalubres

Empêcher un « été catastrophique », qui se produira si les besoins urgents ne sont pas satisfaits et que les pénuries d’eau persistent

Réduire le fardeau financier des familles pauvres qui n’ont pas les moyens d’acheter de l’eau

Ce projet répondra non seulement à un besoin immédiat et urgent d’un grand nombre de personnes, mais aura aussi un impact durable à Aden, offrant de l'eau à de nombreuses générations à venir in chaa Allah, c'est donc une opportunité incroyable de Sadaqa Jariyah, qui sera donnée au peuple yéménite si cher au cœur de notre bien-aimé Prophète (saw), un peuple à qui il a promis d’étancher la soif le jour du Jugement !

D’après Thawban (ra), le Prophète (saw) a dit : « Je me tiendrai certes au bord de mon bassin, j’écarterai les gens pour les gens du Yémen. Je taperai de mon bâton jusqu’à ce qu’ils y parviennent (les gens du Yémen) ». [Muslim]

Subhan Allah, nous avons l’occasion d’étancher la soif de celles et ceux qui seront les premiers à boire dans le bassin du Prophète (saw) le jour du jugement dernier, nous avons la possibilité d'alléger leurs souffrances dans ce monde, d'améliorer leur santé et de sauver leurs vies, nous avons la chance de faire la meilleure des aumônes grâce à laquelle ils auront de l'eau à boire chaque jour, 24 heures sur 24, pendant des années et des années à venir in chaa Allah. Comment pourrions-nous passer à côté ?

En faisant un don au Fonds eau Yémen, ne serait-ce que d’une petite somme, vous prenez part à des projets incroyablement bénis en ce mois de Ramadan, vous gagnez d’immenses récompenses, et continuerez d’en gagner même lorsque vous ne ferez plus partie de ce monde in chaa Allah. N’hésitez pas à partager ce blog avec vos proches pour les inciter à faire la meilleure des aumônes aux meilleurs des hommes.

Qu’Allah vous récompense et qu’Il vous offre l’eau du bassin de notre bien-aimé Prophète (saw).


Muslim Hands France

Etablie en 2007, Muslim Hands France est une ONG de solidarité internationale régie par la loi 1901 et œuvrant dans le domaine de l’humanitaire et du développement.