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vendredi 19 juillet 2019

L’histoire du Sacrifice selon le Coran et la Sunna

Muslim Hands France
L’histoire du Sacrifice selon le Coran et la Sunna

Qu’est-ce que le Sacrifice ?

Le Sacrifice, ou l’Uḍḥiya comme on l'appelle en arabe, est la pratique de sacrifier un animal pour Allah. Chaque année, les jours de l'Aïd al-Adha se déroulent du 10 au 13 de Dhul Hijjah. Des musulmans du monde entier y sacrifient un animal pour marquer l'achèvement de leur pèlerinage. Cette pratique remonte à des milliers d’années et commémore le sacrifice d’Ibrahim (as) lorsqu’il fut prêt à sacrifier son propre fils par amour et soumission à Allah (lisez son histoire ci-dessous).

Le sacrifice ne se limite pas à la distribution de la viande d’un animal et n’est pas un simple rituel. En effet, le mot « Qurbani » (sacrifice) vient de l’arabe « qurban », qui tire son origine du mot « qurb » qui signifie « proximité ». Le but d'offrir un sacrifice est de se rapprocher d’Allah. À travers notre sacrifice, nous réaffirmons ce que nous oublions parfois dans l'agitation de nos vies quotidiennes : que nous nous soumettons complètement à Allah et que nous sommes prêts à sacrifier tout ce qui nous appartient pour être près de lui et gagner sa bénédiction, tout comme le prophète Ibrahim (as) l'a fait dans le passé.

Ainsi, il est important lors du sacrifice de garder une intention sincère : l’intention de se rapprocher d'Allah.

Allah nous raconte dans le Coran l’histoire de deux des fils du prophète Adam (as), Habil et Qabil. Pour résoudre un différent entre eux, Adam (as) leur demanda de faire un sacrifice chacun : celui dont le sacrifice serait accepté serait le vainqueur.

Habil, qui était berger, offrit un bélier en sacrifice. Quand à Qabil, qui labourait la terre, il offrit une partie de sa récolte. D’après l’histoire, Habil pris le soin de choisir le meilleur animal, un animal en bonne santé et bien nourri, tandis que Qabil ne choisit pas la meilleure partie de sa récolte. Allah accepta donc le sacrifice de Habil, en le montant au ciel, et refusa celui de Qabil.

Qabil fut jaloux de son frère Habil et le tua.

L'histoire des deux frères montre que la sincérité et la pureté de l'intention constituent la partie la plus importante des sacrifices. En effet, il faut prendre exemple sur Habil en choisissant avec soin l’animal à sacrifier, un animal en bonne santé, qui a bien été traité, et le sacrifier de manière islamique. Il s’agit également de comprendre que, comme pour la Zakat, le Sacrifice n’est pas un simple devoir ou une taxe annuelle, c'est avant tout une activité spirituelle et une chance de se rapprocher d'Allah.

Le Sacrifice d’Ibrahim (as)

Quand le premier fils d’Ibrahim, Ismaïl (as), fut en âge de marcher avec son père et de travailler avec lui, il fut révélé dans un rêve à Ibrahim (as) qu’il devait sacrifier son fils. Ismaïl (as) ne remis pas en question cet ordre, tout comme sa mère Hajar (as) ne l’avait pas fait des années auparavant lorsqu’Allah ordonna à Ibrahim (as) de la laisser seule avec son nouveau-né dans le désert.

[Ismaïl] dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants » (Coran 37:102).

Le père et le fils étaient prêts à faire ce sacrifice, mais Satan tenta de les dissuader.

Dans cette narration, Ibrahim (as) lapida Satan à trois reprises. Dans d’autres récits, Satan est apparu séparément à Ibrahim, Hajar et Ismaïl (as). À chaque fois, il tentait de les convaincre qu'Ibrahim (as) était sur le point de commettre un terrible crime ; et à chaque fois, ils répondaient que si c’était un ordre d’Allah, ils devaient l'accepter. Chacun d'entre eux lapida Satan. (Tabari et Hakim)

Il nous semble impossible qu’une personne puisse être prête à sacrifier son propre enfant, la chair de sa chair, en particulier lorsque des obstacles les ont séparés à maintes reprises. La  famille d'Ibrahim (as) craignait cependant tellement Allah qu'elle jeta des pierres sur Satan. C’est cette lapidation que nous commémorons au Hajj.

Alors qu’Ibrahim (as) préparait son couteau pour sacrifier son fils et un linceul pour l’enterrer, il tourna la tête d’Ismaïl (as) car il ne pouvait le faire en voyant son visage. Selon le tafsir d’Ibn Kathir, ils ont tous deux prononcé le nom d’Allah et ont attesté de leur foi : Ibrahim (as) parce qu’il était sur le point de faire un sacrifice et Ismaïl (as) parce qu’il était sur le point de mourir. Lorsqu’Ibrahim (as) fut prêt à sacrifier son fils, et que son couteau eut atteint son cou, il entendit une voix l’appeler pour qu’il arrête.

Ibrahim (as) a sacrifié un bélier blanc à cornes à la place de son fils et, comme pour la lapidation des piliers, nous commémorons ce sacrifice chaque année au Hajj. Il représente la dévotion d’Ibrahim (as), qui était prêt à sacrifier son propre fils pour Allah. Penser à cet épisode à chaque fois que nous faisons un sacrifice doit nous rapprocher d'Allah ; encore une fois, ce n'est pas l'animal qui compte, mais notre volonté de nous soumettre par amour pour Allah.

 

Le bélier du Paradis

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, Allah fait référence au bélier qu’Il a envoyé à Ibrahim (as) par « un sacrifice généreux ». Allah a même utilisé le mot « azim » pour décrire le sacrifice, alors que l'un de ses noms est « Al Azim ». Alors, pourquoi ce bélier était-il si précieux ?

Ibn Abbas (ra) a dit que c’était : « Un bélier qui paît au paradis depuis quarante ans ». (Tabari)

Dans le tafsir d'Al-Jalalayn, il rapporte que le bélier qu'Allah a envoyé à Ibrahim (as) était le même bélier qu'Habil avait sacrifié : ce qui signifie qu'Allah l’a monté au ciel, puis l'a renvoyé à Ibrahim (as) pour qu'il le sacrifie.

Remarque : les cornes de ce bélier ont été transmises de génération en génération par les descendants d’Ismaïl (as) et gardées dans la Kaaba par les Qurayshs en tant que relique importante. Après que le Prophète (saw) ait conquis Makkah, les cornes du bélier furent couvertes et conservées dans la Kaaba.

Les cornes du bélier y sont restées jusqu’à ce que la Kaaba soit endommagée par un incendie lors du siège de La Mecque de l’an 683 (les cornes ont été brûlées et perdues dans cette bataille).

 

Le Sacrifice prophétique

Nous en arrivons enfin à la dernière partie de l’histoire du Sacrifice : les sacrifices de notre bien-aimé prophète Mohamed (saw).

C’est le Sacrifice que nous pratiquons encore aujourd’hui à chaque fête de l’Aïd al-Adha et il est important pour nous non seulement de faire en sorte que nos intentions restent sincères, mais également de garder à l’esprit la riche histoire qui se cache derrière chaque sacrifice. Notre héritage doit être cher à nos yeux, comme l’a montré le Prophète (saw) qui a conservé les cornes du bélier d’Ibrahim (as) suspendues dans la Kaaba. La famille d’Ibrahim (as) est une partie particulièrement importante de notre histoire et nous la commémorons chaque année au hajj.

Le messager d'Allah (saw) a même dit : « Je suis le fils de deux personnes sacrifiées » (Hakim), se référant au fait que son père Abdullah et son ancêtre Ismaïl (as) ont presque été sacrifiés pour Allah, soulignant ses liens avec Ismaïl (as).

Il (saw) cherchait également des béliers similaires à celui sacrifié par Habil et Ibrahim : des béliers blancs à cornes à offrir en tant que sacrifice pendant l'Aïd Al-Adha. (Ahmad)

L’un des moments forts du Sacrifice prophétique que nous devons absolument préserver est le sacrifice d’un deuxième animal au nom de ceux qui n’ont pas les moyens d’en faire :

« Le Prophète (saw) faisait un sacrifice pour ceux de sa Oumma qui n’avaient pas les moyens d’en faire ». [Ahmad]

C’était une Sunna que les compagnons suivaient aussi, comme l’a dit Anas bin Malik (ra) : « Le prophète (saw) sacrifiait deux béliers, et je sacrifiais deux béliers aussi ». (Boukhari)

 

Cette année, pourquoi ne pas faire revivre cette belle Sunna et faire don d’un sacrifice supplémentaire ? Il y a de la sagesse dans tout ce que le prophète (saw) entreprenait et une immense récompense à faire revivre une Sunna oubliée. De plus, offrir un sacrifice supplémentaire permettra à davantage de familles dans le besoin de profiter d’un bon repas. En effet, dans les communautés frappées par la pauvreté, la viande est un luxe qu’ils ne peuvent se permettre. Ainsi, en offrant un sacrifice prophétique, vous multiplierez non seulement votre récompense, mais doublerez également votre impact.

 

Ensemble, faisons revivre la Sunna du Prophète (saw).

 

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