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jeudi 27 octobre 2022

La Hijra, une épreuve extrêmement difficile

Basma Abousaleh
La Hijra, une épreuve extrêmement difficile

« Et quiconque émigre dans le sentier d'Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. » [Coran, 4:100]

En tout temps et depuis toujours, les Hommes parcourent la terre à la recherche de meilleures conditions de vie ou pour fuir un conflit ou une terrible catastrophe naturelle. Notre époque ne fait malheureusement pas exception, et des millions de personnes sont forcées de quitter leurs terres pour rechercher sécurité et subsistance. C’est le cas par exemple de nos frères et sœurs en Somalie qui ont énormément souffert des conséquences d’une sécheresse extrême ou celui de nos frères et sœurs au Pakistan qui ont quant à eux été éprouvés par les pires inondations de l’histoire du pays.

Pour comprendre leur douleur et la difficulté de ce qu’ils traversent, nous étudierons dans ce blog la Hijra et comment elle a été vécue par le Prophète (saw) et les compagnons (ra).

En effet, quitter sa terre est une véritable épreuve, un déchirement qu’ont connu le Prophète (saw) et ses compagnons. Le Prophète (saw) a d’ailleurs dit à propos de la Mecque : « Par Allah ! Tu es la meilleure terre d’Allah et la terre la plus aimée d’Allah ! Si je ne fus pas forcé de te quitter, je ne l’aurais jamais fait. » [Tirmidhi]

Ces derniers ont ainsi dû quitter leur terre bien-aimée, La Mecque, en 622, après de nombreuses années de persécution dans leur tribu de Quraych.

L’année précédente, douze hommes de la ville de Yathrib (l’actuelle Médine) s’étaient rendus à la Mecque pendant la saison du pèlerinage et avaient rencontré le Prophète Muhammad (saw) à Al ‘Aqabah. Ces douze compagnons, après avoir entendu ce qu’avait à dire le Prophète (saw) ont tout de suite accepté le message de l’islam. Le Prophète (saw) décida ainsi d’envoyer avec eux Mus’ab Ibn ‘Umayr pour leur enseigner la religion. Beaucoup d’habitants de Médine se convertirent à l’islam, puis, en juin 622, soixante-treize hommes et deux femmes de Yathrib se rendirent auprès du Prophète (saw) pendant le pèlerinage pour lui prêter allégeance. Ils promirent ainsi de le protéger et d’aider les musulmans de la Mecque à s’installer dans leur ville de Médine.

Ces nouveaux musulmans de Médine furent appelés les « Ansars », car ils ont été le soutien des « Mouhajirins » (émigrés), les musulmans persécutés de la Mecque qui ont tout quitté pour vivre leur religion librement.

Lorsqu’Allah (swt) autorisa le Prophète (saw) à quitter la Mecque, de nombreuses familles s’étaient déjà réfugiées à Médine. Il prit ainsi la route avec son ami et compagnon Abou Bakr As Siddiq (ra), un voyage qui ne fut également pas de tout repos et durant lequel les tentatives de meurtre ont continué. Ils durent ainsi se cacher dans la grotte de Thawr pendant trois jours, une épreuve à propos de laquelle Allah (swt) a révélé : « Si vous ne lui portez pas secours... Allah l’a déjà secouru, lorsque ceux qui avaient mécru l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : 'Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.' Allah fit alors descendre sur Lui Sa sérénité (sakina) et le soutint de soldats (anges) que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d’Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage. » [Coran, 9:40]

Ils durent emprunter une route côtière pour ne pas se faire repérer des Quraychites, une route longue et épuisante, qui nous fait penser à nos frères et sœurs forcés de marcher pendant des jours voire des semaines sous la chaleur écrasante du soleil avec leurs bébés sur le dos et sans eau ou nourriture suffisante.

Alhamdoulillah, le Prophète (saw) arriva en sécurité en compagnie d’Abou Bakr (ra), mais les premiers temps furent très difficiles pour les habitants de la Mecque qui tombèrent très malades et eurent du mal à s’adapter à leur nouvel environnement malgré l’incroyable hospitalité dont ont fait preuve les habitants de Médine qui leur offrirent refuge et subsistance et partagèrent même leurs maisons et repas.

La situation était tellement difficile que les compagnons (ra) firent part de leur douleur et leur crainte que cette ville ne les achève au Prophète (saw) qui répondit en faisant l’invocation suivante : « Ô Allah ! Fais-nous aimer Médine comme nous aimons la Mecque ou plus encore... et déplace sa fièvre à al Ju’fa. » [Boukhari & Muslim]

Le Prophète (saw) dit aussi : « Ô Allah bénis-nous ses fruits, bénis-nous notre Madina, bénis-nous son saa’ et son moudd (unités de mesure). Ô Allah, Ibrahim est Ton serviteur, Ton khalil (confident) et Ton Prophète, et je suis Ton serviteur et Ton Prophète. Or, il T’a invoqué pour Makkah, et moi, je T’invoque pour Al-Madina, tel qu’il T’a invoqué pour Makkah et son double. » [Muslim]

Alhamdoulillah, les meilleures années étaient à venir et la ville de Médine devint chère aux cœurs des Musulmans du monde entier.

L’exil est donc une épreuve extrêmement difficile, même pour les meilleurs des hommes qui ont foulé cette terre, mais le soutien de personnes généreuses, croyantes et sincères ainsi que les douas et invocations ont fait de cette épreuve la plus grande bénédiction qu’a connu l’histoire en permettant à la religion de Dieu de survivre et se propager dans le monde entier.

La mosquée de Quba, première mosquée construite par le Prophète (saw) et Abou Bakr (ra) sur leur chemin vers Médine

De nos jours, il est difficile d’imaginer un tel soutien pour les plus vulnérables, mais nous pouvons en faire beaucoup et soulager énormément de souffrances en nous unissant pour répondre à leurs besoins. N’hésitez pas à soutenir notre Fonds des urgences pour nous permettre d’apporter cette aide vitale et à partager ce blog si vous l’avez trouvé enrichissant.

Qu’Allah vous récompense et nous unisse aux Ansars et Mouhajirins au Paradis.


Muslim Hands France

Etablie en 2007, Muslim Hands France est une ONG de solidarité internationale régie par la loi 1901 et œuvrant dans le domaine de l’humanitaire et du développement.